Incidence :

En 2012, on estime à près de 14 638 nouveaux cas de cancers des voies aérodigestives supérieures, dont plus de 74 % chez les hommes, et à 4 098 décès dont 80% chez les hommes, liés à ces cancers.

Diagnostic :

Le diagnostic est généralement posé après l'analyse histologique d'une biopsie tumorale.

Facteurs :

Tabac, alcool, la combinaison des 2 et pour certains cancers l'HPV (Human Papilloma Virus) sont parmi les principaux facteurs de risque.

Stadification :

Le bilan comporte un examen clinique, une radiographie ou un scanner thoracique, une endoscopie des voies aerodigestives supérieures (le plus souvent sous anesthésie générale) et examen tomodensitométrique (scanner) de la sphère ORL.
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est souvent indiquée (oropharynx et cavité bucale notamment). L'examen PET FDG est souvent utilisé en complément.

La stadification TNM regroupe les cancers des voies aerodigestives supérieures épidermoides en quatre stades tels que :

Les cancers T4 sont divisés en 2 catégories :
T4a : résequables
T4b non résequables
Ce qui conduit à subdiviser les stades IV en stades IVa et IVb en fonction de la résequabilité.
Enfin, les stades IVc correspondent aux maladies métastatiques.

Principaux traitements :

Dans tous les cas le traitement est décidé par une équipe multidisciplinaire en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP)
La re-nutrition du patient doit être effectuée si necessaire ainsi que les soins dentaires adaptés, en particulier en prévision de la radiothérapie.
le traitement va être effectué en fonction du site de la tumeur primitive, de l'extension ganglionaire, de l'état général et des co-morbidités des patients, et en fonction du niveau de preuve qui ont pu être obtenues au travers d'études cliniques randomisées.

Pour les stades I et II , les traitements de référence sont soit une chirurgie conservatrice, soit une radiothérapie (externe ou curiethérapie). Ces deux approches donnent généralement des taux comparables de contrôle loco-régional.
Cependant il n'y a pas dans ces stades précoces d'étude comparative randomisée entre chirugie et radiothérapie.
La radiothérapie moderne comprend une technique 3D conformationnelle et/ou la radiothérapie conformationelle avec modulation d'intensité.

Les options standards pour les formes localement avancées (stades III et IV) sont :
La chirurgie incluant si nécessaire une reconstruction et le plus souvent une radiothérapie post-opératoire.
Pour les patients à haut risque de rechute après chirurgie (rupture ganglionnaire extra capsulaire et/ou marge positive) la radiothérapie peut être délivrée avec une chimiothérapie concomitante par cisplatine (niveau de preuve I,A).
Cependant, chez les patients présentant une tumeur récécable, lorsque le résultat prévisible de la chirurgie est susceptible d'entrainer un déficit fonctionnel important, il est préférable d'envisager d'emblée une association radio-chimiothérapie concomittante qui est un des traitements standards (niveau de preuve I,A).

Par ailleurs, la radiothérapie donnée de facon concomitante avec le cetuximab (erbitux) montre des taux de réponses plus elevés, une survie sans rechute et une survie globale supérieure à la radiothérapie seule (niveau de preuve I,A).

Sur le plan ganglionnaire cervical, en cas de chirurgie sur la tumeur primitive, une chirugie est généralement également pratiquée pour les adénopathies cervicales (curage).
La radiothérapie post-opératoire est fonction des facteurs de risque (taille et nombre d'adénopathies) et des constatations histologiques (taille et nombre d'adénopathies et rupture capsulaire).
Lorsque la radiothérapie est le traitement principal, elle inclue généralement la tumeur primitive ainsi que les aires ganglionnaires cervicales .
En cas de reliquat ganglionnaire persistant 2 à 4 mois après radiothérapie, la réalisation d'un curage cervical peut être proposée.

Dans les formes localement évoluées (stades III et IV), le rôle de la chimiothérapie d'induction est actuellement en cours d'evaluation depuis l'introduction de nouvelles combinaisons thérapeutiques par taxotere, cisplatine, et 5FU (TPF).

Plusieurs essais randomisés sont en cours pour évaluer son intérêt avant radiochimiothérapie concomitante et avant association radiothérapie erbitux(Essai Gortec 2007-02, 2007-01 et essai tremplin du Gortec/Gettec).

Pour les carcinomes laryngés localement avancés (T2 ou T3 nécessitant une laryngectomie totale) une chimiothérapie d'induction par taxotere cisplatine 5FU peut être utilisée.
En fonction de la réponse à la chimiothérapie d'induction, le traitement local sera soit une radiothérapie permettant la préservation laryngée en cas de succès, soit une chirurgie avec laryngectomie totale chez les non répondeurs (niveau de preuve I,A). Cette approche de préservation laryngée peut etre proposée également pour les carcynomes de lypopharynx et n'a pas d'effets négatifs sur la survie des patients (niveau de preuve I,A)
D'autres approches de préservation laryngées ont été proposées par radiochimiothérapie concomittante (étude du RTOG niveau I,A).


Pour les carcinomes métastatiques d'emblée un traitement par cisplatine 5FU erbitux est le traitement de référence. (étude randomisée EXTREME de l'EORTC niveau de preuve I,A).
Ce traitement est également un traitement de référence dans les rechutes locales non opérables et qui ne sont pas traitables par une réiradiation localisée.
Pour les patients qui ne peuvent recevoir ce traitement 5FU cisplatine herbitux, le metotrexate intramusculaire ou intra veneux hebdomadaire (30 à 40mg/m²) peut être proposé.

Références :

1. Ferlay J, Bray F, Pisani P, Parkin DM. GLOBOCAN 2002 Cancer Incidence,
Mortality and Prevalence Worldwide IARC CancerBase No. 5, version 2.0. Lyon:
IARC Press 2004.
2. Pignon Jp et Bourhis J Radiother Oncol 2009.
3. Cooper JS, Pajak TF, Forastiere AA et al. Postoperative concurrent radiotherapy
and chemotherapy for high-risk squamous-cell carcinoma of the head and neck.
N Engl J Med 2004; 350: 1937–1944. Liens ici
4. Bernier J, Domenge C, Ozsahin M et al. Postoperative irradiation with or without
concomitant chemotherapy for locally advanced head and neck cancer. N Engl J
Med 2004; 350: 1945–1952. Liens ici
5. Forastiere AA, Goepfert H, Maor M et al. Concurrent chemotherapy and
radiotherapy for organ preservation in advanced laryngeal cancer. N Engl J Med
2003; 349: 2091–2098. Liens ici
6. Forastiere AA, Metch B, Schuller DE et al. Randomized comparison of cisplatin
plus fluorouracil and carboplatin plus fluorouracil versus methotrexate in
advanced squamous-cell carcinoma of the head and neck: a Southwest 
Oncology Group Study. J Clin Oncol 1992; 10: 1245–1251. Liens ici
7. Bonner JA, Harari PM, Giralt J et al. Radiotherapy plus cetuximab for squamouscell
carcinoma of the head and neck. N Engl J Med 2006; 354: 567–578. Liens ici
8. Hitt R, Lopez-Pousa A, Martinez-Trufero J et al. Phase III study comparing
cisplatin plus fluorouracil to paclitaxel, cisplatin, and fluorouracil induction
chemotherapy followed by chemoradiotherapy in locally advanced head and neck
cancer. J Clin Oncol 2005; 23: 8636–8645.Liens ici
9. Posner MR, Hershock DM, Blajman CR et al. Cisplatin and fluorouracil alone or
with docetaxel in head and neck cancer. N Engl J Med 2007; 357: 1705–1715. Liens ici
10. Vermorken JB, Remener E, van Herpen C et al. Cisplatin, fluorouracil and
docetaxel in unresectable head and neck cancer. N Engl J Med 2007; 357:
1695–1704. Liens ici
11. Vermorken JB, Mesia R, Rivera F et al. Platinum-based chemotherapy plus
cetuximab in head and neck cancer. N Engl J Med 2008; 359: 1116–1127. Liens ici